lundi 3 janvier 2011

Bilan de l'année 2010

Chères lectrices, chers lecteurs, amis blogueurs,



Je vous souhaite de passer une heureuse année 2011. Qu'elle vous soit douce, remplie de bonheur, de joie, de santé et d'amour. Qu'elle vous donne maintes occasions de sourire à la vie et de connaître la Paix en vous et autour de vous. Et sans oublier bien sûr de belles lectures et de magnifiques découvertes littéraires diverses et variées !

Janvier est déjà là, l'hiver se poursuit (hélas...) avec son avalanche de "nouveautés" (pas forcément réjouissantes...) Les bilans fleurissent sur les blogs. Avant de laisser la place à d'autres livres cette années, voici donc venu le temps de dresser mon bilan livresque de l'année écoulée ; il ne s'agit pas forcément de livres parus en 2010. Nos hirondelles ont tenté, une fois n'est pas coutume, de vous faire partager de nouveaux horizons de lectures.

L'année 2010 a été aussi mon premier défi dans la blogosphère littéraire. Le challenge intitulé la littérature policière sur les cinq continents, organisé par Catherine dont le but était de lire un polar d'un auteur de chaque continent. Je n'ai malheureusement pas tenu mes engagements, faute de temps et d'énergie au cours du dernier trimestre. Le résultat obtenu : 2 livres lus sur 5 (roman européen et africain). Une note très moyenne...


Pour conclure, je rappelle que le blog, aussi modeste soit-il, a fait l'objet d'une nouvelle présentation depuis septembre et connaîtra encore dans les prochains mois quelques ajustements.

Je remercie mes fidèles lectrices et lecteurs, anonymes ou non, de prendre le temps de lire mes billets, sans oublier tous ceux qui laissent de précieux commentaires. Cela est toujours très encourageant.

Excellente année à tous et bonnes lectures !


Mes véritables coups de coeur :


1) Le Meunier hurlant, Arto Paasilinna

2) La maîtresse d'école, Marie-Paul Armand

3) Meurtres pour rédemption, Karine Giebel

4) Echo, Ingrid Desjours

5) La onzième plaie, Aurélien Molas


Mon coup de griffes : le livre que j'ai trouvé particulièrement décevant :



Le pic du diable, Deon Meyer

jeudi 16 décembre 2010

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Stieg Larsson

Ils sont rares ceux qui sont passés à côté de la célèbre trilogie Millénium du journaliste et romancier Stieg Larsson.

Pour nos amis blogueurs et lecteurs, passionnés ou non de littérature policière, qui ignoreraient encore Millénium, celle-ci est composée des Hommes qui n'aimaient pas les femmes (tome 1), La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette (tome 2) et La reine dans le palais des courants d'air (tome 3).

J'ai choisi de vous parler du premier tome.

Lorsque je l'ai lu pour la première fois, à l'automne 2007, j'étais loin d'imaginer que je tenais entre les mains un futur succès littéraire. Pourquoi ce livre me direz-vous ? Au départ, une simple curiosité plus qu'une envie réelle ; le titre du roman m'avait beaucoup interpellé et c'est d'ailleurs pour celui-ci que je l'avais choisi, bien plus que pour la triste et peu engageante couverture. Puis, rapidement, la trilogie a défrayé la chronique et l'année 2008 a été la consécration, le phénomène littéraire et médiatique sans précédent, presque irrationnel, sans oublier sa version cinématographique en 2009.

Avant l'histoire, il me faut évoquer son auteur, le Suédois Stieg Larsson. Terrassé par une crise cardiaque en novembre 2004, après avoir remis les trois tomes de Millenium, Stieg Larsson était surtout connu pour son combat politique et idéologique, à la tête, notamment, de la revue Expo, décrite comme une revue suédoise, observatoire des manifestations ordinaires du fascisme.

Actes Sud, 575 pages
Mickael Blomkvist, la quarantaine, journaliste indépendant, co-fondateur avec Erika Berger et Christer Malm du magazine Millenium, vient d'être lourdement condamné pour diffamation après avoir publié des informations peu flatteuses sur un puissant spéculateur dénommé Wennerström. La crédibilité de Mickael ainsi que son magazine en ont pris un coup. Il décide alors de s'éloigner de la rédaction du journal et quitte même son travail. Contre toute attente, il est contacté par un riche et vieil industriel, Henrik Vanger, qui, après avoir obtenu des renseignements auprès de la société Milton Security, lui demande de relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans, celle sur la disparition mystérieuse de sa petite nièce Harriet. En échange, le vieil homme lui fournira de quoi faire tomber Wennerström et une rémunération conséquente. Mickael Blomkvist s'installe donc dans le nord du pays, sur l'île des Vanger et commence ses investigations, davantage motivé par les promesses de l'industriel que par l'étrange disparition de la fille. Pourtant, progressivement, Mickael va se prendre au jeu... Au même moment, une certaine Lisbeth Salander, jeune femme asociale de 25 ans, portant tatouages et piercings, et surtout redoutable hacker, réalise en parallèle, pour le compte de la société Milton Security, un véritable travail de détective sur notre fameux journaliste...


Mon avis : Stieg Larsson a écrit un roman haletant, prenant même. L'intrigue avec ses nombreuses ramifications est bien construite mais le succès vient en grande partie selon moi grâce aux deux personnages principaux - Mickael Blomkvist et la charismatique et atypique Lisbeth Salander- qui portent véritablement cette oeuvre. Les personnages ont une réelle psychologie et sont vraiment incontournables.

Le style, souvent inégal plutôt démonstratif, est net et parfois cru ; on y relève de temps à autre des passages violents. Mais le suspense est au rendez-vous, le rythme est bien cadencé. Nous découvrons avec ce roman un autre visage de la Suède.

Après ces éléments positifs, j'observerai aussi des défauts : je reproche à l'auteur quelques longueurs ; les cent premières pages peuvent décourager le lecteur mais on peut comprendre aussi que l'auteur ait voulu prendre son temps pour mettre en place le décor. Ensuite, quelques lourdeurs dans le détail peuvent apparaître comme rébarbatives, enfin on y retrouve beaucoup de scènes à caractère sexuel qui n'apportent rien de plus au récit.

En résumé, si l'on peut relever des imperfections ou des lacunes tout au long du premier tome, l'ensemble reste de bonne qualité et l'on ne peut que regretter la mort prématurée de l'auteur suédois.

vendredi 19 novembre 2010

Esclaves - Kangni Alem

Après quelques semaines d'absence, me voici de retour sur le blog avec la présentation du roman Esclaves, de Kangni Alem, auteur africain que j'ai découvert récemment.

Né à Lomé en 1966, Kangni Alem est le fondateur de l'Atelier Théâtre de Lomé, l'une des compagnies les plus avant-gardistes du Togo, avec laquelle il a signé, entre autres, la mise en scène de Mère Courage de Bertolt Brecht. Nouvelliste, dramaturge, traducteur, Kangni Alem est également critique littéraire et a enseigné aux universités de Wisconsin-Madison aux Etats-Unis et de Bordeaux-III en France.

Lattès, 260 pages
Nous sommes au XIXe siècle, dans une période douloureusement tourmentée par la traite négrière clandestine entre le Bénin et le Brésil qui ronge les côtes jusqu'à l'intérieur des terres. En sa qualité de Maître de cérémonie et allié du roi Adandozan, un notable d'Agbomè tente de se soustraire à la vengeance infernale et oppressante de Gankpè - futur Ghézo -, qui a vu en lui un sérieux obstacle à l'assassinat manqué de son protecteur. Il prend la fuite mais la milice féminine de Ghézo parvient à l'arrêter à Comé. La sentence aurait pu être terrible mais au lieu de lui trancher la tête, le chef des amazones, Nansica, le viole, le réduit en esclave, comme toute sa famille et le vend à un négrier de Porto Seguro, actuelle ville brésilienne du littoral sud de l'Etat de Bahia. L'ancien Maître des cérémonies devient alors Miguel et se retrouve au Brésil, en 1818, au service d'un potentat ayant sous ses ordres un millier d'esclaves. Miguel se lie d'amitié avec l'un d'eux, un vieil haoussa, prénommé Sulé, musulman lettré, lequel lui apprend l'arabe et le portugais mais surtout le convertit à l'islam et aux idées antiesclavagistes. Comme acteur de premier plan, Miguel participe alors à l'insurrection des esclaves de Bahia...

Mon avis : l'auteur développe un thème âpre et exigeant. Il parvient avec brio à restituer ses personnages dans un contexte historique très délicat et finalement fort peu connu du grand public. Le lecteur est fasciné par cette intrigante complexité, par les machineries et les tractations des uns et des autres ; le lecteur tente d'imaginer et de se représenter la pression constante exercée par les négriers envers l'élite africaine.

Un style limpide, une écriture libre, le récit basé sur une succession de faits authentiques est construit sur de nombreuses rétrospections, développe plusieurs histoires, ce qui peut donner lieu, parfois, à une lecture difficile.

Quoi qu'il en soit, on saluera le travail remarquable de l'écrivain, fort bien documenté, accompagné d'une datation rigoureuse ; il a su apporter des éclairages sur cette période peu traitée dans la littérature.

Je vous invite à découvrir cet auteur et à vous plonger dans cette histoire.

mardi 19 octobre 2010

Le Tambour - Günter Grass

Le Tambour, écrit en 1959 sous le titre original Die Blechtrommel, publié en France l'année suivante, est le premier roman de Günter Grass (né en 1927) et, accessoirement, son chef d'oeuvre absolu. Ce livre fait d'abord sensation en Allemagne, pays de l'écrivain et peut être considéré comme le modèle canonique des récits consacrés à la réflexion sur les années qui ont suivi l'arrivée de Hitler au pouvoir.

A la fin des années 1970, ce roman est adapté au cinéma par Volker Schlöndorff.

Points, 625 pages
Quelques années après la guerre, un jeune homme, Oskar Matzerath, originaire de Danzig, proche de la frontière polonaise, est interné dans un asile psychiatrique où il écrit ses mémoires. Il raconte sa vie à un certain Bruno, gardien de son état, avec qui il s'entend très bien, lequel vient le voir quotidiennement. A l'occasion de son troisième anniversaire, Oskar reçoit un tambour de tôle aux couleurs de la Pologne (rouge et blanc) et décide à cet instant de ne plus grandir, rejetant avec force la médiocrité des adultes, préférant se réfugier dans un monde chimérique. Par le simple fait de sa volonté, Oskar interrompt sa propre croissance. En observateur attentif, piégé délibérément dans un petit corps lui permettant toutes les fantaisies, Oskar ne communique quasiment plus que par le jeu de son tambour et par sa voix "vitricide", capable de briser le verre à distance. Un jour, un malencontreux concours de circonstances fera qu'il sera accusé de meurtre, accusation qu'Oskar laissera courir sans démentir...

Mon avis : ce pavé de plus de six cents pages se lit avec avidité. Il n'est pas systématiquement d'un abord facile pour tout lecteur qui en vient à découvrir l'univers de Günter Grass. Cela étant, Le tambour est un récit foisonnant, satirique et irrévérencieux, absurde et tragique, à la fois, riche en émotions et sensations diverses, où se révèle, à chaque page, un extraordinaire génie de conteur.

Oskar va accompagner l'histoire du nazisme, militaire et antisémite, vue d'en bas, de la perspective faussement naïve d'un enfant de trois ans, à l'esprit d'adulte. Son tambour joue également un rôle important ; il est par excellence cet instrument de musique militaire rappelant évidemment celui qu'utilisaient les jeunesses hitlériennes, à ceci près qu'il est détourné ici de sa signification. En effet, le jeu de tambour devient l'expression pathétique d'un individu qui n'a d'autre moyen de manifester sa solitude et son désir d'exister.

Le lecteur ne peut oublier Oskar, personnage si singulier et touchant.

Amis lecteurs, c'est un livre que je conseille. Le Tambour reste avant tout un de ces romans du XXe siècle, assurément.

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